samedi 28 février 2009

Un petit monde de backpackers !


Je fais un petit passage sur l'ordi mais j'ai peu de temps, je prends le bateau dans moins d'une heure pour Nong Kiawk, d'où nous partirons pour une autre petite place, réputée idyllique mais sans électricité ni communication.

Devinez sur qui je suis tombé au marché de Luang Prabang en allant m'acheter un shake ? Ma cousine 'par alliance' Bohème ! J'entends parler québécois (ce qui n'est pas si commun mais ces temps-ci on en croise tout le temps). Alors, je m'introduis dans la conversation. Bohème, qui me faisait dos, me reconnaît tout de suite. Avec son amie Karine, on a visité Luang Prabang.

Première journée, on est allé aux chutes... je me souviens plus du nom, mais peu importe, de très belles chutes. Un chemin nous permettait de nous rendre au sommet, et de là, les plus aventureux encore pouvaient traverser un marécage pour descendre dans les profonds bassins de la chute. Là, un véritable petit coin de paradis nous attendait. Le bassin était rempli par de multiples petites coulées fines comme des cheveux d'ange, l'eau du bassin était d'un bleu presque électrique, et du mur nous pouvions voir l'eau tomber sur une dizaine de mètres, emplir les autres bassins d'eau bleue. Et je ne parle pas des bikinis... Ça valait bien de risquer sa caméra au ras de l'eau pour immortaliser ça, quoique...

Après l'expérience, les photos de ma caméra étaient bizarrement psychédéliques. Un petit coup d'eau ? Moment de petite peur, mais je n'ai pas perdu foi en la durabilité de ma caméra. Finalement, ce n'est peut-être que la batterie qui a flanché après plusieurs années de loyaux services. Si elle se vide rapidement et n'affiche plus être rechargée au complet, elle toffera la ronde jusqu'à ce que je puisse la remplacer et lui donner son congé.

Après la journée, comme nous étions affamés, nous nous sommes payés pour moins de 3$ un des barbecues les plus satisfaisants du monde. Une escalope de poulet et une grosse bière Lao sur le bord du Mekong. Dur à battre dans ma cours ça !


M-à-J : On a manqué le bateau aujourd'hui, alors on part demain finalement. J'ai eu un choc d'apprendre qu'on était déjà en mars, j'avais pas vu arriver le mois ! Tant qu'on était en février, j'avais encore du temps devant moi...

mardi 24 février 2009

Au Laos sans y être

Voilà donc quelques jours que nous sommes au Laos sans vraiment y être. Nous avons vu Vientiane, la capitale, et Vangvieng, un petit Las Vegas, un eldorado pour les touristes qui n'a pas grand chose de laotien... Plus nous remonterons vers le nord, plus nous découvrirons la vraie nature de ce pays coup de cœur de tous les voyageurs.







Mais pour le moment, nous nous amusons très bien. A Vientiane, déjà, on a beaucoup apprécié le fait que l'air était beaucoup moins pollué qu'au Vietnam (même en campagne!) et que les rues étaient oh combien plus propres. Et les Laotiens ! Au Vietnam, nous devions nous méfier de tous les gens qui nous approchaient. Ici, déjà, ils ne sont pas sur notre dos constamment, c'est tellement reposant ! Et ce n'est rien, les Laotiens des plus petits centres sont réputés pour être super accueillants et sympathiques.

Lors de ces derniers jours passés à Vangvieng, nous avons kayaké, exploré des cavernes, appris l'escalade et nous avons 'tubé' sur la rivière. Pour le tube, l'activité aurait dû être de descendre la rivière sur une grosse tripe, et s'arrêter à tous les bars en route pour trinquer. Nous avons laissé faire la tripe, trop de trouble, tout se faisait très bien à la nage. Et plutôt que de boire, nous avons fait les manèges tout le long de la rivière. Il y avait des balançoires qui nous permettaient de sauter de peut-être 10-15 mètres dans les airs, des tyroliennes et une glissoire qui étaient elles aussi assez impressionnantes. Bref, beaucoup d'émotions fortes, quelque chose de totalement impensable au Québec. Pour faire les mêmes activités, il aurait sans doute fallu payer un coup d'entrée exorbitant, devoir porter un casque et un gilet de sauvetage, et évidemment, pas d'alcool. Les morts de touristes, c'est pas ce qui va impressionner les Laotiens de nous laisser avoir du FUN ! Je dis ça, les Laotiens ne capotent pas tant du développement de la région. Ils se sentent envahis par des jeunes occidentaux qui ne respectent rien de leurs coutumes (même si c'est grossier pour les Laotiens, les rues de la ville sont remplies de gens se promenant en maillot de bain en faisant du bruit). Ils restent tout de même gentils. Au Québec, dans la même situation, TVA diffuserait reportages sur reportages contre les 'ethnies' et les pétitions contre la différence fuseraient sur Internet.

Pour l'escalade, c'était très cool. Au début de la journée, nous avons appris à faire des nœuds. Il fallait être bons élèves, car nos vies allaient quand même reposer sur la ténacité de ces nœuds... Et comme il y avait des jolies filles dans le groupe, on n'a pas eu beaucoup d'attention des guides tout le temps pour vérifier que nous faisions bien les choses... N'empêche, on s'en est tiré et on a beaucoup aimé l'escalade. Sûrement quelque chose à recommencer au retour, malgré que j'ai quelques doigts scraps...





jeudi 19 février 2009

L'entrée au Laos

Après un petit 24 heures d'autobus, nous voilà donc à Vientiane, capitale du Laos. Ça fait du bien de fuir le Vietnam. Contrairement au Cambodge, pays qu'on a appris à aimer, le Vietnam nous a de plus en plus épuisés plus nous y étions.

Sans doute nous nous sommes un peu mal débrouillés là-bas. Malgré nos intentions de sortir des sentiers battus, nous étions toujours récupérés dans des machines à touristes. Au final, nous en sommes venus à trouver les Vietnamiens qui nous approchaient mesquins et malveillants. De ne jamais pouvoir faire confiance, surtout quand on est assaillis de toutes parts, ça finit par être épuisant.

Heureusement, ils ne sont pas tous mauvais (pour ceux qui ont vu Operation Warbus). Sur Cat Be, j'ai pu jouer au foot avec des jeunes (je leur donne entre 15 et 20 ans). Ça m'a fait battre un peu la patate et me réconcilier avec les gens de ce pays. Pareil pour la gentille fille qui nous a vendu le billet d'autobus pour le Laos, je crois en l'honnêteté des réponses qu'elle nous a données.

Donc, 24 heures de transport plus tard, nous voilà au Laos. Le pays est plein de promesses. Les Laotiens sont plus reposants que les Vietnamiens, et le nord du pays est tout en jungle, ce qui veut dire pour nous : trek, trek, trek ! Le voyage en bus s'est bien fait, même s'il a commencé bizarrement par une madame qui engueulait tous les blancs qui entraient dans la bus. Elle nous faisait assoir en arrière de manière autoritaire. Quand on a réussi à faire traduire ce qu'elle disait, c'est parce qu'elle réservait les autres places aux Laotiens ! Tsss, on a pris nos places sans plus se soucier d'elle. Le voyage a été long surtout parce que l'autobus s'arrêtait à toutes les trente minutes pour faire des arrêts-pipi inutiles.

Nous voilà donc au Laos, le pays le plus pauvre de l'Asie du Sud-Est, mais le coup de cœur de beaucoup de voyageurs. J'ai pas encore de photos du pays, je ne sais pas quand je pourrai en mettre. Mais de la manière que nous nous imaginons le pays, l'image qui pourrait le représenter est un hamac attaché entre deux arbres...









dimanche 15 février 2009

Sur la road

Beaucoup de choses ont été dites dans l'ancien poste, alors je rajoute seulement quelques images.



Les enfants nous saluent et parfois nous tendent la main. Pour beaucoup d'asiatiques, nous, les Occidentaux, sommes cool, même quand je porte mes bas blancs dans mes sandales.


Vietnam Burning :




Juste après notre tour de moto, nous avons atterri à Hoi An, une ville où les ateliers de couture sont à tous les coins de rue. Ici, on peut se faire faire n'importe quoi sur mesure. Alors que je songeais m'acheter un costume pour d'éventuelles entrevues d'emploi, Marc m'a fait remarquer que ça me prendrait des souliers appropriés pour le porter. J'ai tout de suite su que Marc était gai et que sa relation de 4 ans avec Marie-Ève n'était qu'une façade. Si je me donne la peine de porter un costume fait sur mesure, y a-t-il quelqu'un qui va réellement chigner si je le porte avec des sandales (et des bas blancs) ???




Sinon, nous sommes présentement dans la baie d'Halong. L'endroit est féerique, mais le tour guide est un peu louche. Les transferts de bateaux sont nombreux et le prix de la bière est prohibitif. N'empêche, les 3000 îles de Halong sont certainement une merveille du monde ! Aujourd'hui, nous sommes sur l'île de Cat Ba. On a fait un petit trek, et le décor ici coupe le souffle.





jeudi 12 février 2009

Fini le tour !

Le tour de moto est terminé.



Quelle aventure cela a été ? Quelque chose ! Je comprends maintenant la différence entre "tourisme" et "voyage". Le tourisme, c'est prendre une photo depuis des bus en allant d'un point à un autre. Le voyage, c'est tout ce qu'il y a à voir entre ce "d'un point à un autre". Avec nos drivers, nous nous arrêtions en chemin pour voir des plantations, des usines, des villages, des points de vue... Nous étions beaucoup plus proches du Vietnam. Ça restait un tour guidé, mais la formule moto rend le contact plus intime avec le pays. Je suis content de l'avoir fait. Et ça me fait beaucoup de choses à raconter ! Je peux donner une idée des points marquants de ce voyage :

Notre chauffeur, Loc, était tout un numéro. Vétéran de la guerre du Vietnam, il a combattu dans les Central Highlands que nous visitions. Conséquemment, il avait beaucoup d'histoires à raconter. Le récit de la bataille des Charlie Hills fut quelque chose ! Et nous mangions tout le temps en gang, nous avons donc pu profiter de son sens de l'humour.



Le Vietnam burning. Si c'est l'odeur des égouts qui me rend nostalgique de Lille quand je suis au Québec, pour le Vietnam ce sera l'odeur du foin qui brûle. Les feux de broussailles sont pratiqués au Vietnam pour empêcher la mauvaise herbe de pousser (et empêcher ainsi d'autres feux autrement plus gros). Dans les montagnes, de partout on voit des nuages de fumée.

Le dépaysement est total sur les routes du Vietnam. Les poulets et les bœufs sont en liberté (ou en semi-liberté), il y a de tout sur la route (des motos, des tracteurs, des écoliers en vélo, des paysans nu-pieds), les maisons délabrées côtoient les nouvelles maisons en céramique, les enfants qui font des "Allô !" en envoyant la main aux touristes... À noter que ce n'est pas parce que les maisons les plus pauvres sont rapiécées et assemblées de n'importe quels matériaux, qu'elles n'ont pas l'électricité et la télé numérique. En fait, la télé est un cadeau du gouvernement, qui tient à ce que tout le monde dans le pays puisse avoir accès aux messages officiels.

Nous avons visité plusieurs villages de minorités ethniques (il y a 54 minorités ethniques autochtones au Vietnam). Comme au Québec, les autochtones du Vietnam sont sujets à une politique d'assimilation de la part des autorités. Les jeunes doivent aller à l'école vietnamienne et le nombre d'enfants est contrôlé. Les minorités sont généralement très pauvres, particulièrement si elles sont éloignées des routes les plus touristiques. Leurs traditions s'estompent et il y a des gros problèmes de drogue. Bref, Québec et Vietnam pour les droits des autochtones, c'est "the same, same but different".

La jungle millénaire. Les Central Highlands ont déjà été recouvertes de jungle. Aujourd'hui, la forêt fond à vue d'oeil. La déforestation est effrénée, on coupe le bois pour faire place à l'agriculture et les villageois coupent tous les jours des arbres pour alimenter les feux. À ce rythme, sait-on s'il y aura encore un arbre au Vietnam dans 10 ans ? La vie des paysans ici n'est déjà pas simple, alors la question de développement durable est un casse-tête si infernal qu'on ne se la pose même pas. Ça me laisse l'impression que bientôt, quand les forêts auront été rasées et les rivières vidées, la seule solution au développement sera de faire un reset.



La guerre. Partout sur la route, Loc avait des anecdotes à nous faire sur la guerre. Une guerre qui n'a pas été facile pour personne. Les soldats américains ici pouvaient compter sur une aviation terrifiante, mais la jungle, suffocante et peuplée de serpents venimeux, appartenait au nord-vietnamiens. Des quantités énormes de produits extrêmement toxiques ont été déversées sur les forêts vietnamiennes pour défolier les arbres et empêcher les nord-vietnamiens de s'y cacher. Aujourd'hui, ces produits sont encore actifs et la végétation ne parvient toujours pas à repousser. Pire, ce sont les enfants de l'agent orange. Plus de trente ans après la fin de la guerre, les mères intoxiquées donnent naissance à des enfants difformes, monstrueux. Nous aurions pu visiter un orphelinat de ces enfants, mais nos chauffeurs ne s'y sont pas arrêtés et nous en avons fait la demande trop tard. C'est peut-être mieux ainsi, je suis peut-être trop sensible pour ce genre de témoignage.



Les américains pouvaient compter sur des moyens immenses pour se battre, mais les nord-vietnamiens vivaient dans la jungle et la connaissaient parfaitement. De plus, ils ont démontré à plusieurs reprises à quel point ils étaient rusés et dangereux. À un croisement routier important, un point stratégique, les américains avaient installé une base pratiquement imprenable. Sur une dizaine de kilomètres partout autour de la base, la forêt a été rasée et le sol était strié de fil de fer barbelé et recouvert de mines. Au moindre signe de vie, les avions décollaient et bombardaient sans viser. Sauf que les américains ont été trop confiants. Pendant des mois, des commandos nord-vietnamiens profitaient de la nuit pour déminer et se frayer un passage jusqu'à la base. L'attaque fut une totale surprise et la base a été rasée.

Sinon, bien, il fut très agréable de se promener en moto. Un peu dur pour les fesses parfois, mais au moins nous avions le vent et une vue imbattable. Sans que l'on s'en rende compte, le soleil plombait aussi. Après mon premier coup de soleil du voyage, j'ai décidé de porter du long pour me défendre des rayons du soleil. Stratégie dont aura résulté un bronzage en trois niveaux d'intensité. Le torse et le short sont encore blancs comme neige, les jambes et les bras sont d'un beau petit bronzage d'été et j'ai les mains et le nez rouges comme un petit coup d'alcool. Je m'en tire pas mal quand même. En plus, avoir porté du long m'aura permis de ne pas trop me faire piquer... sauf sur les mains. Impossible de vaincre les maringouins !

Bon, mes six derniers jours ressemblent un peu à ça, du mieux que l'on puisse l'exprimer avec des mots !

vendredi 6 février 2009

Faire le Vietnam sur une mob

J'écris depuis Da Lat, une ville montagnarde un peu au Nord d'Ho Chi Minh. Perdus dans la jungle et les montagnes, c'est en fait dans une petite France que nous nous trouvons.

Du temps de la colonie, Da Lat était une place de villégiature. Il en reste plusieurs bâtiments de style colonial mais surtout des champs de légumes (carottes, patates, oignons... et même des fraises) creusés à même les montagnes. À noter que les Hollandais y auront été de leur contribution en montrant aux Vietnamiens comment faire pousser des fleurs. Autour de nous poussent aussi du café, du thé et des vers à soie. Manifestement, la manufacture de la soie impressionne beaucoup les ingénieurs. Il faut dire que les machines à tisser datent de 130 ans, qu'elles sont complexes, roulent à toute allure et sont opérées par des fillettes de 16 ans.



Pour visiter, nous nous sommes payés un petit tour de motor bike dans les environs. Au programme, la visite des champs et des plantations environnantes, un tour à la Elephant waterfalls, une visite d'une shop à soie, une très belle balade sur les routes de montagnes et une visite de la Crazy House. La Crazy House est une espèce d'hôtel artificiel à l'architecture compliquée (tout part dans tous les sens et les escaliers sont escarpés et pour dire, sans rampe vraiment). L'endroit paraît ringard au début, mais tous les dédales finissent par devenir intéressants. Au final, ce serait une place écoeurante pour jouer au paintball.



Tout ça c'est bien beau, mais demain nous commençons une toute autre aventure. Notre chauffeur de moto nous a proposé un tour de six jours dans le Central Highland vietnamien. Une expérience unique hors des sentiers battus. L'idée, c'est que contrairement à l'autobus, faire un trajet de moto permet de visiter beaucoup plus. Au programme, donc, visite de villages paysans qui n'ont jamais encore vu d'occidentaux, grimpe dans les montagnes et excursions dans les jungles les plus denses et les plus sauvages du Vietnam. Ce sera toute une aventure, et elle a un prix d'or. Disons que nous défonçons notre budget quotidien du plus du double dans cette aventure, et il a été assez douloureux d'accepter de payer le montant. Mais nous nous sommes laissés convaincre que ce bout de route allait être un moment fort de notre voyage en Asie. Nous aurons un guide avec nous, donc nous pourrons en plus communiquer avec les gens. Ça devrait être quelque chose ! La réponse, nous comme vous l'aurons dans une semaine.




À remarquer derrière l'épaule gauche de Marc-André : la délicieuse silhouette féminine qui donne tant de charme à la montagne.

mercredi 4 février 2009

Mitraillette !

Maddoz avait raison : tirer du M-60 peut provoquer une érection. Bon, on ne tenait pas le fusil dans nos mains vu qu'il était attaché au stand de tir, mais on pouvait sentir un peu le recul quand même, on voyait les éclats au point d'impact de la balle et j'ai dû perdre momentanément 50% de mes capacités auditives. Une chance qu'ils ne prenaient pas la carte de crédit, j'aurais sûrement hypothéqué mon fonds de pension (d'une éventuelle job, un jour on verra si ça arrive) aujourd'hui. Au menu : cinq balles de M-1, 5 balles de Ak-47 et 5 balles de M-60. Tirer une rafale de 5 balles au M-60 prend moins de 2 secondes mais je vais pouvoir écœurer tous ceux qui ne l'ont pas fait pendant au moins 2 vies avec ça. Sinon les tirs de mitrailleuses, nous étions à Cu Chi dans un musée sur la guerre du Vietnam. Là-bas, les Viêt-Cong avaient établi un réseau de 200km de tunnels souterrains où certains ont passé plusieurs années de leur vie. Pour se déplacer, impossible de s'accroupir, il faut ramper. Il ne fallait pas être claustrophobe, surtout qu'à la surface, c'était la mort. Au moindre signe de vie, les B-52 américains pouvaient mettre la jungle à feu et à sang. Alors les gens vivaient sous la terre, carrément. Il y a même eu des naissances dans les ténèbres de ces tunnels ! Les quelques tunnels réaménagés pour les touristes ne peuvent pas vraiment permettre de vivre l'expérience que cela a été de se promener dans les vrais tunnels, mais il faut être sur place pour comprendre comment pénible le combat des Viêt-Cong aura été. De retour à Ho Chi Minh, visite au musée de la guerre. Après s'être amusés comme des gamins avec les machine-guns les plus communs du conflit, ce musée nous plonge douloureusement dans le contraste qu'il y a entre la guerre romancée et la guerre telle que les vietnamiens l'ont vécue. Difficile de décrire l'inhumanité d'un bombardement à l'agent orange. La prochaine fois qu'un wanabe redneck vient me dire que les "hippies" qui s'opposent à la guerre ne comprennent rien au monde qui nous entoure, je le punch dans la face. Il n'y a pas d'excuses pour faire une guerre sale.


mardi 3 février 2009

Phnom Penh - Ho Chi Minh Ville



Pour nous rendre à Ho Chi Minh ville, quoi de mieux que de se payer une visite guidée du delta du Mekong. Bon, ce n'était peut-être pas la saison des rizières vertes à perte de vue et des cours surchargés de bateaux marchands, mais ce fut une façon tout de même intéressante de nous rendre d'un point A à un point B. La visite guidée nous a menés de Can Tho à My Tho avant de nous conduire à Ho Chi Minh. Sur le chemin, beaucoup de cours d'eau, de rizières, de fermes... L'arrière-pays, quoi. Pas stressant, pas extraordinaire non plus.




Nous voilà cependant débarqués à Ho Chi Minh, et déjà ça bouge un peu plus. C'est la première grande ville asiatique que nous visiterons, même si la visite risque d'être assez courte. Demain, nous sortons déjà de la ville pour aller à Cu Chi, ancien champ de bataille où il demeure tout le réseau souterrain utilisé par les Viet-Cong pour attaquer Saigon. Au programme : ramper dans des tunnels étroits enfouis profondément sous terre et tirer de la kalashnikov et du M-16. Oh yeah ! Pour finir la journée, nous irons au musée de la guerre.

Mes premières impressions sur le Vietnam... C'est un pays très développé ! Plus que ce que je m'attendais, mais ça détone beaucoup après avoir visité le Cambodge. Hier, à My Tho, nous sommes allés dans un bar. La bière y était très chère (3$) mais nous avions accès gratuitement à des jeux : pool, basketball, rodéo. Je sais maintenant que je ne devrai jamais m'essayer sur un vrai taureau. Marc était pas si pire, lui. Enfin, comme bar, ça aurait été très classe chez nous.

Pour la circulation, je me sentais plus en sécurité sur les routes cambodgiennes. Les vietnamiens roulent plus vite, mais pas mieux. Hier, j'ai eu la ride la plus sportive de toute ma vie. La majorité du temps, notre chauffeur roulait à contre-sens pour effectuer des dépassements, et c'est de justesse que nous retrouvions notre voie avant d'entrer en collision avec les camions venant en sens inverse. Et les dépassements, en Asie, ça se fait indistinctement dans une courbe ou non...

Par contre, au Vietnam, la musique est déjà meilleure. Au Cambodge, c'était possible d'avoir notre musique occidentale à quelques places... Une chance, car le Cambodge ne connait qu'un seul rythme, celui de petites chansons tristes sur des peines d'amour. C'est dull à mort. Vraiment, le genre de chose qu'on ne peut pas et qu'on ne veut pas s'habituer.

Sinon, côté argent, 15ooo dongs vietnamiens valent 1$. Le riep cambodgien valait 4000 pour 1$. Mais on s'habitue très vite aux nouvelles valeurs, c'est pas un si pire casse-tête que ça.

Et côté bouffe... on mange bien. Pour les restos, souvent, les petits animaux (poissons, crevettes, grenouilles) sont gardés vivants dans des aquariums. C'est donc dire que la viande est fraîche ici ! Hier, j'ai mangé du... serpent !

Le plus exotique : après que le cuisinier l'eut décapité, il a versé le sang dans un verre d'alcool fort. Santé !

Ici, il fait très chaud, je suis content d'être venu en hiver. Cependant, la chaleur aidant, mon voyage m'aura au moins donné mon premier apprentissage : prendre des douches d'eau froide, c'est faisable et ça peut même être agréable. Mais c'est sûr que l'eau froide ici, c'est pas l'eau froide de nos canalisations l'hiver !